Heureux qui comme Ulysse
Jusqu’Ă prĂ©sent je m’Ă©tais interdit Ă moi-mĂȘme d’ĂȘtre heureux pour la simple et bonne raison que je pensais m’ĂȘtre comportĂ© comme un salaud en la quittant, parce que ça ne se fait pas de quitter quelqu’un pour une autre personne. Ca fait maintenant huit mois que j’ai gĂąchĂ© mon temps par culpabilitĂ©. Alors que je me rends compte que certaines personnes ne sont pas aussi blanches ni aussi honnĂȘtes qu’elles le prĂ©tendent je me dis que j’ai Ă©tĂ© le roi des imbĂ©ciles de ne pas Ă©couter tous ceux qui m’ont dit qu’elle n’allait pas si mal que ça et que je m’en faisais beaucoup trop pour elle, qui ne semble pas avoir perdu son temps (et au final, c’est tant mieux).
Si jusque-lĂ je n’avais jamais encore exprimĂ© mes sentiments positifs ici c’Ă©tait aussi — dĂ©bilement — par respect pour elle. Je me disais que ça lui ferait de la peine. Ce que j’ai bien pu ĂȘtre idiot. Quoi qu’il en soit, voilĂ maitenant que je suis heureux et que je me permets de le dire ! Car quoi de plus sympa que de faire des batailles d’eau, des parties de cache-cache improvisĂ©es et des combats musclĂ©s pour attraper le tĂ©lĂ©phone ou encore chanter les nocturnes de Mozart en conduisant ou pelant les patates, jouer du jazz, se balader au bord de la mer et mille autres choses gĂ©niales avec la personne qu’on aime le plus ? J’apprends Ă grandir (devenir adulte lentement, en somme) en riant et en me disant que j’ai fini par trouver la personne qui me comprenait, me comprendrait sans doute pour un bon bout de temps, me risquant quelques fois Ă nous imaginer plus tard…
Je suis heureux, vous l’aurez compris et il n’est nul besoin Ă mon goĂ»t de vous faire une description dĂ©taillĂ©e de tout ce qui m’Ă©merveille. Un peu de dĂ©cence et d’intimitĂ© ne fait pas de mal. MĂȘme si le surnom d’infĂąme me va comme un gant car d’avecques ma femme j’ai foutu le camp, je suis bien content d’avoir fini par me rendre compte qu’auprĂšs d’un autre arbre, on peut vivre heureux
5 mai 2006 à 7h56
“[…] il nâest nul besoin Ă mon goĂ»t de vous faire une description dĂ©taillĂ©e de tout ce qui mâĂ©merveille. Un peu de dĂ©cence et dâintimitĂ© ne fait pas de mal.”
Feignant.
C’est pas comme si des milliers de personnes passaient par ici et que tu leur faisais Ă©tat des prouesses saiskuelles de la demoiselle, hein.
Dire son amour, dire son bonheur, ce n’est pas tout dire Ă tout le monde, mais ce n’est pas non plus sortir la carte de la fausse pudeur, sinon Ă ce rythme t’oseras mĂȘme pas embrasser la mariĂ©e “oh non c’est trop intime on va pas s’Ă©taler en public devant tous ces gens qui nous regardent !”.
A part ça, bien content que tu aies passĂ© le cap du “mon bonheur semble faire le malheur d’autres personnes donc je vais le taire”
Etre heureux, ĂȘtre riche, ĂȘtre en bonne santĂ©, c’est quand mĂȘme sympa, et ce n’est pas parce qu’il y a des gens malheureux, pauvres ou malades (voire les trois Ă la fois, pas de chance) qu’il faut s’empĂȘcher de le savourer.
HF
5 mai 2006 à 23h18
Merci